"Au réveil, si douce la lumière, et si beau ce bleu vivant"
(Paul Valéry)

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mercredi 3 septembre 2008

Nostalgia

Voila le genre d'image que j'aime.
Ce sont des reproductions des grands panneaux que nous avions à l'école, et qui servaient de base à nos institutrices pour nous apprendre toutes sortes de choses.
Elles pouvaient nous montrer une action, une chose, mais aussi nous demander de décrire, de compter, de chercher des mots, avec telle ou telle lettre, de bâtir un récit, élaborer une histoire..;
Je rêvais beaucoup sur ces images;
Elles montraient un pays qui, déjà à l'époque, était en train de disparaître , de se dissoudre dans l'arrivée d'une modernité galopante.
Le mode de vie essentiellement rural, l'abscence de technologie, la fabrication artisanale, les commerces de proximité, commençaient à s'effacer, ainsi que tant d'autres choses , vers lesquelles on essaie curieusement de revenir aujourd'hui, en gardant le meilleur des deux époques..
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Leçon de géographie:



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Leçon de vie quotidienne:


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Leçon de choses:

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Les commerces:

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(Panneaux réédités sous forme de cartes postales par les merveilleux magasins "Comptoir de Famille", source d'inspiration;
Postcards published by this wonderful shop, inspiration source)
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There are the kind of pictures we used to work with at school when I was a little girl.
With them, we could tell stories, learn to count, learn to write and describe, find letters, learn many things;
Even when I was at school, I liked to dream with those pictures;
Even in those times, they were describing a world that I knew but that was already disappearing;progress was arriving very quickly;
The funny of the story is that , for many reasons, we are beginning to go back to those ways of life,keeping only the best parts of two different worlds...



vendredi 22 août 2008

Anna

On l'a toujours appelée Anna, mais son nom de baptême était Fanny.
Pourquoi changer le nom d'une enfant? Pour ne pas la confondre avec une autre?
Les psys d'aujourd'hui trouveraient probablement là matière à réflexion, cette double identité a-t-elle engendré des problèmes, créé des entraves au déroulement normal d'une vie?
Aujourd'hui, Anna a 94 ans, elle est toujours vaillante, elle lit sans lunettes!...
Mais elle a oublié à quelle occasion cette photo a été prise...




On est allé chez un photographe professionnel, qui a installé son décor peint sur une grande toile, posé une chaise sur laquelle Anna peut prendre appui.
On a paré la petite fille d'une jolie robe en dentelle blanche, on lui a mis des bas, de jolies chaussures;
On a pris le temps de lui faire des "anglaises", ces longues boucles de cheveux qui encadrent son visage.La touche finale, c'est ce grand ruban de satin blanc posé sur la tête;
Tout ça n'est pas une photo par hasard, cela a été prévu, programmé, préparé...
On pense à une fête religieuse: Anna est trop jeune pour être une communiante, et , à l'époque, celles-ci portaient un voile sur la tête; mais peut-être une confirmation, ou une participation à un mariage?
Peu importe au fond;
Dans sa tenue blanche, Anna représente l'innocence, la pureté; Le temps des rêves, des espoirs, des illusions;
La vie se chargera bientôt de les balayer dans son tourbillon inexorable...

lundi 11 août 2008

Baby

Comme elle a un air sérieux, cette petite fille...
C'est son regard qui accroche le notre;
Sous ses sourcils noirs elle a l'air d'être perdue dans ses pensées;
En fait, quelqu'un doit probablement lui parler ou attirer son attention le temps que l'on prenne la photo.
Elle paraît esquisser un sourire..;
Elle a été vêtue de blanc pour l'occasion, on lui a mis un joli noeud dans les cheveux.
Elle porte un petit bracelet autour de son poignet droit potelé.
Il semble que la photo n'ait pas été prise dans un studio professionnel de prises de vue: pas de colonne, ni de décor peint.
On est probablement dans le domicile familial.On a posé bébé devant le bureau de son père, on l'a calé sur un fauteuil.
La présence d'un bureau, tout comme celle d'un appareil photo, indique une famille aisée.
Ce bébé-là, c'est la petite princesse de la famille...

vendredi 4 juillet 2008

Colombine

Aucune mention sur cette photo.La seule indication est que la carte est anglaise:"Post card", Stamp here"...
Que dire sur cette jolie Colombine?qu'à y regarder de plus près,ça n'est peut-être pas une Colombine. C'est peut-être une sorte de Marie-Antoinette ou de Marquise;
Il y a beaucoup de dentelles et de rubans, des gants et des bas blancs, des chaussures à boucles,le costume est très travaillé.
Et surtout, il y a cette perruque , blanche ou blonde,pas tout à fait bien ajustée, et ornée de quelques fleurs.
Y avait-il un carnaval , ce jour-là,un bal costumé?Compte tenu de la qualité du costume, on peut penser que quelle que soit l'occasion qui est fêtée, on est là dans un milieu aisé;
La jeune fille offre un sourire satisfait, serein.
Elle est jolie, elle le sait, elle fixe l'appareil photo d'une façon directe et déterminée;
Devant l'escalier dessinée sur la toile, elle restera pour toujours une princesse , comme dans les contes de fées...





mercredi 25 juin 2008

Annie,8 ans/Annie, 8 years old

Voici donc Annie, à 8 ans.
C'est la seule chose qui soit indiquée au dos de la photo.
C'est probablement le jour même de ses 8 ans.
C'est son anniversaire;
On l'habille élégament, comme une petite dame,avec un col de fourrure et un grand chapeau,des gants, des chaussures vernies, et on l'emmène très officiellement chez le photographe.
Son papa s'est fait élégant aussi, pour lui faire honneur, en cette grande occasion: le noeud papillon, les guêtres, le chapeau et la canne...sans oublier la moustache conquérante!
Annie est fière, très fière, ainsi que le montre son sourire.
Qu'est-elle devenue, cette jolie petite Annie? En quelle année avait-elle 8 ans?
A-t-elle gardé un souvenir particulier de cette journée après avoir grandi?...




So, this is Annie, 8 years old;
This is the only thing written on the back of the picture.
This is probably the day when she's got 8 years;
It is her bisthday.
She is very smart dressed, like a little lady: a hat, gloves, pretty shoes...
Her father is smart, too, only for her.What a moustache!
Little Annie is proud, very proud.Look at the way she's smiling.
What did she become?In what year was she 8 years old?
Did she remember this very special day when she grew up?...

lundi 9 juin 2008

Royal photos

"Royal photos", c'est la seule mention portée sur ce cliché; le nom du studio photographique,sans aucun doute.Sinon, ni lieu, ni date, ni nom.
Et maintenant, quatre visages; la jeune femme qui a les cheveux attachés est plus âgée que les trois autres; Mais pas suffisamment pour être leur mère, me semble-t-il; c'est probablement la soeur ainée;
Car ces quatre -là sont incontestablement de la même famille: le sourire est parfaitement le même;

ll y a deux soeurs jumelles , que l'on prend soin de garder identiques: même coiffure, avec le même ruban noué sur le dessus de la tête, et mêmes vêtements;
Ceci dit, la petite dernière, un peu plus blonde, un peu plus ronde, est elle aussi coiffée et vêtue de la même façon...
Seule l'aînée esquisse un sourire léger sur la photo; mais toutes regardent droit vers l'objectif.
Les deux jumelles se tiennent très proches de leur grande soeur, du coup, on a l'impression que la plus jeune est un peu à l'écart.
En voyant cette photo, on pense à cette maisonnée , avec le père de l'époque , très fier de toutes ses filles, et en même temps, un peu lointain, et débordé par ce monde si féminin..;
On imagine les quatre filles du Docteur March...

jeudi 29 mai 2008

Coup de foudre/Clap of thunder

Lorsque mon regard a croisé le sien, le coup de foudre a été immédiat...
Qui était-il, ce mystérieux jeune homme?
Beau et fier, mais blessé : sa main gauche est bandée.
Un petit air à la Leonardo di Caprio avant l'heure, la bouche sensuelle, les yeux clairs.
Un décor travaillé, une façon de s'habiller qui sort de l'ordinaire, un côté gentleman-farmer.
Je verrais bien un jeune anglais en partance pour l'Afrique du Sud ou l'Australie...
J'ai rarement eu autant envie de connaître le destin d'un personnage de photo ancienne;
J'espère, non, je suis sûre , qu'il a eu une belle vie...




It was love at first sight.
Who was this mysterious young man?
Beautyful, and proud, but wounded : look at his left hand.
He looks a little like Leonardo di Caprio, has blue eyes.
He's not dressed like anyone, he looks like a gentleman farmer.
I can imagine him travelling to South Afrika or to Australia.
It's the first time that I would like sooo much to know about the life of someone on an old photo.
I hope, no, I know , that I surely had a beautyful life...

mardi 20 mai 2008

Deux soeurs/Two sisters

Paris, entre 1920 et 1930.
Les deux soeurs sont en blanc, l'une assise, l'autre debout.
Le petit restaurant est coincé entre deux entrées d'immeubles.
La cuisine y est familiale, les clients sont des habitués.
Deux travailleurs font une pause sur la terrasse, on les reconnaît à leurs casquettes.
Il y a une bouteille et deux verres sur leur table.
L'homme assis à gauche porte un long tablier: le patron?un employé du coin?
Le monsieur en canotier tient une canne à la main;Lui n'a pas l'air de travailler.
Mais la soeur debout est celle qui fait la cuisine, la soeur assise passe lui donner un coup de main de temps en temps.
Et celle qui est debout devant la vitre, sert à table, prend les commandes et fait la vaisselle.C'est elle qui a l'air le plus fatigué.
Tout au fond du restaurant, on distingue une banderole, indiquant "vins et spiritueux"; et sur la vitrine, à gauche, on devine une affichette publicitaire, avec une silhouette féminine.
Les temps sont durs, les journées certainement fatiguantes, mais là, on passe un moment agréable, on se pose et on pose, juste le temps d'un cliché , qui fera durer cet instant une éternité....

mercredi 7 mai 2008

G comme Généalogie (genealogy)

La petite fille du premier rang, avec un ensemble pantalon à fleurs, c'est ma tante.
Et la dame en casquette blanche, juste au milieu de la photo, entre deux messieurs, c'est ma grand-mère..
La photo date du 19 aout 1931.
Elle a été prise au Cap Martin, à l'occasion d'une fête de pêcheurs.
C'est une belle photo;
On est au bord de la mer, sous les pins parasols;
Les gens sont heureux et détendus;
Les pêcheurs sont en casquette et tenue décontractée;certains messieurs sont plus endimanchés, des officiels, peut-être...
Il y a des drapeaux, ou plutôt, des pavillons de bateau;
On porte des bébés sur les épaules ou à bout de bras, pour qu'ils soient sur la photo;
Ces bébés doivent avoir près de 80 ans maintenant!
Quant à mon fantôme, il est cette fois juste derrière ma grand-mère;On aperçoit seulement un bout de son chapeau qui dépasse...

jeudi 24 avril 2008

Foule sevère /Severe crowd

Voici une photo qui date d'avant 1914.
Etrange, cette foule: devant, des enfants;
au second plan, une rangée de musiciens, des trompettistes.
A gauche, un porte-drapeau.Et une seule femme, sur la droite.
Des musiciens, des enfants, on pense aussitôt à une fête.
Oui, mais voilà: personne ne sourit, ou presque;
Tout le monde a un air martial, et c'est surprenant, surtout de la part des enfants.Seul celui qui porte un chapeau noir n'a pas le visage fermé.
La photo a été déchirée sur la droite, mais l'on devine quelque chose d'écrit en haut, qui commence par "gran..".
Etait-ce si rare et si important d 'être photographié dans la rue , à l'époque, que l'on prenait un air si sérieux?
Ce que l'on célébrait était-il quelque chose de grave?d'important?
Elles sont pourtant si jolies , ces petites filles, sous leurs grands chapeaux...
Quant à mon habituel fantôme, cette fois, il est sur la gauche, juste devant le drapeau...



vendredi 18 avril 2008

Sous notre vareuse de toile
Nous essuyons le choc des mers
Et dormons à la belle étoile
Sans faire de songes amers;
La vague, au gré de son caprice,
Nous berce à bord d'un grand vaisseau,
Comme un enfant que sa nourrice
Endort dans son petit berceau.


Profitons de la brise
Qui souffle sur les flots;
Le temps nous favorise,
Au large, matelots!
Qu'il pleuve, tonne ou vente,
Sous le ciel sombre et bleu,
Rien ne nous épouvante,
Que la terre ou le feu.
(Ponsard, Chansons de bord)

jeudi 10 avril 2008

Vieux amis/Old friends

J'ai une passion pour les vieux livres, qui va de paire avec mon amour des vieilles photos.
Acheter et préserver un livre ancien , c'est quelque part sauvegarder un peu du patrimoine humain dans sa meilleure part.
C'est quelquefois se replonger dans des souvenirs d'enfance;
C'est découvrir de magnifiques livres d'histoire ,qui nous donnaient envie d'en savoir plus, d'apprendre autant que de rêver;
C'est aussi parfois trouver de jolis trésors, comme dans ma dernière acquisition chinée sur un marché pour un prix dérisoire: "Saint Louis et son siècle", par le Vicomte Walsh.

Vu du dehors, une couverture rose fanée, tachée par l'humidité, décolorée sur la tranche;
A l'intérieur," Louis IX enfant au château de Poissy"...


...et "Blanche de Castille".
.
.
Le livre date de 1882...!
Combien de mains ont tourné ces pages?
Par où est-il passé pour arriver jusqu'à moi?
Combien de lecteurs passionnés par le bon Roi Saint Louis, combien d'historiens interessés, combien d'héritiers indifférents?....


"Quand je pense à tous les livres qu'il me reste encore à lire,j'ai la certitude d'être encore heureux.
(Jules Renard)


mercredi 9 avril 2008

Le cercle des poètes disparus...



Souviens-toi que le Temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup! C'est la loi.
Le jour décroît, la nuit augmente;Souviens-toi!
Le gouffre a toujours soif, la clepsydre se vide.
(Charles Baudelaire)

jeudi 3 avril 2008

La boucle est bouclée.

La guerre est passée.Les enfants ont grandi, se sont mariés, ils sont partis.
Ce n'est pas tout à fait fini, mais presque.
Laurence est devenue une adorable petite mamie, avec des faux airs de Colette derrière ses lunettes rondes.Elle a toujours le sourire aux lèvres, éclairé par deux malicieuses fossettes.La voici en gants de dentelle et chapeau à plumes.
La petite fille qui gardait les oies dans ses montagnes en se rêvant parisienne semble avoir vécu.
Et pourtant, elle est tapie quelque part, car jusqu'à son dernier jour, Laurence a gardé son accent du terroir,son énergie débordante, son amour de la vie,sa capacité à rêver, comme si son petit génie intérieur n'avait, lui, jamais vraiment grandi.

War is over.Children have grown up, got married and are gone.
Now, Laurence is a sweet grand-mother, looking like Colette, behind her round glasses.She's always smiling.
The small girl she was seems to have disapeared.But she has not.She's still there deep inside, and we know it because, till the end, Laurence kept loving life, dreaming, and talking with the same accent she had when she lived in the mountains.Like if the small girl inside had never become old.

jeudi 27 mars 2008

Fin de rêve/End of a dream

Les années passent; les enfants arrivent;un premier, puis quatre autres, dont un qui ne survivra pas.
Il est difficile de tenir un salon de coiffure , et de s'occuper d'une si grande famille en même temps.
Alors, on fait des choix, qui n'ont de choix que le nom.
On renonce , on fait des compromis, et finalement , on abandonne avec nostalgie.On tourne la page.Le rêve a été réalisé, la fierté de l'avoir accompli restera là, dans un coin du coeur, pour les moments difficiles.
Dans l'immédiat, les problèmes sont concrets, présents, et le pire reste à venir: Laurence va bientôt connaître , pour la deuxième fois de sa vie, la terreur d'une guerre mondiale....


jeudi 20 mars 2008

Réussite/Success

Voilà, c'est fait!
Laurence pose devant SON salon de coiffure.
Des années d'effort sont enfin récompensées.
C'est une victoire, c'est une fierté.
Laurence pose aux côtés de son mari et de son beau-frère, sous le regard réjoui des mannequins dans la vitrine (ou peut-être faut-il dire des "marottes", ces mannequins de tête).
Une passante, peut-être une cliente, s'est jointe au groupe.
Nous sommes à Paris, à la fin des années 20, début des années 30.
Comme aujourd'hui, c'est probablement le printemps.
Elle est sortie sur son pas-de-porte pour la photo.
Elle sourit, certainement satisfaite, mais peut-être fatiguée aussi.
Comme si elle pressentait qu'une fois le rêve accompli, les ennuis allaient commencer...


Laurence is in front of HER own hairstyle shop.
She made it.
After years of hard working , it's a victory, and she's so proud.
Here she is, in Paris, with her husband, her brother-in-law and a woman.It's the end of the twenties, beginning of the thirties.
It's spring, like today.
She's smiling, but seems to be tired.
As if she was knowing that,now that the dream is reached, problems will beginn....

mercredi 12 mars 2008

Dernier poilu/Last veteran

Aujourd'hui, Lazare Ponticelli, le dernier survivant français de la Première Guerre Mondiale , est mort.
Il avait 110 ans.
C'est fini, il n'y a plus de témoins, plus personne.
C'est une page historique qui se tourne, un moment terriblement émouvant de notre histoire.
N'oublions jamais tous ceux qui se sont battus.
La photo est celle de quelques soldats du régiment de mon grand-père maternel, avec la marraine du régiment.

Today, Lazare Ponticelli,the oldest and last France's WW1 veteran, died.
He was 110 years old.
It's over now, no more witness, no one anymore.
It's a very sad moment of our history.
Let's never forget .
The photo was taken by my grand-father when himself was a soldier during the first World War.

lundi 10 mars 2008

Ascension sociale

Laurence ne travaille plus dans une usine de poudre à canon.
D'ailleurs, la guerre est finie.
Maintenant, elle vit à Paris;
Elle a réalisé une partie de ses rêves: vivre dans la capitale, et travailler dans un salon de coiffure.
Le soir, après son travail, elle fait de la couture à domicile, pour payer ses cours de coiffure;
Tous ces efforts vont être payants: dans quelques années, Laurence aura son propre salon, dans le XVème arrondissement.
En attendant, elle apprend l'élégance et pose, délicatement appuyée sur le dossier d'un fauteuil, le pied gauche en pointe, et enfouit en douceur la petite gardienne d'oies qu'elle était sous un sourire à la Mona Lisa...



Now, Laurence doesn't work in a weapons'factory anymore.
The war is over;
Now, she's living in Paris.
A part of her dreams has come true: she lives in Paris and works as a hairdresser.
In the evening, when she's back home, she sews to earn more money;
In a few years, she will get her own hairdresser's shop.
But now, she learns how to be elegant;the small girl, working in a farm, that she was earlier, is disappearing under the smile of Mona Lisa.

jeudi 28 février 2008

Bleu de travail

Laurence est née en 1896.
Lorsqu'éclate la première guerre mondiale, elle a 18 ans;
Elle quitte son petit village, et part pour la ville , où elle se fait embaucher dans une usine qui fabrique de la poudre et des canons.
La voici, posant dans son costume d'ouvrière.


Tout de même, quelle audace, ce costume! un pantalon!
Pour des raisons de sécurité, sans doute, la bienséance était mise de côté, afin que les jupes de ces dames et damoiselles ne se prennent pas dans les rouages d'une machine;
Néanmoins, si on distingue les chevilles, elles sont quand même gainées de chaussettes noires, le costume est bouffant pour atténuer les formes et un bonnet cache la chevelure.
Pratique certes, mais restons prudents;
Il est difficile de deviner ce que Laurence tient dans sa main.
On dirait quelque chose de long enroulé dans du papier.Peut-être quelque chose qu'elle fabriquait?
Par contre, on ne se lasse pas du décor "à l'antique", avec sa colonne et ses drapés suggérés.
Et que dire de cet objet situé juste derrière Laurence, et qu'on aperçoit à peine?
Par ce que l'on entrevoit entre ses pieds, on dirait un petit guéridon, sur lequel elle s'appuie.
Mais on en voit aussi un morceau à hauteur de hanches;On dirait que cela lui enserre la taille, pour mieux la positionner, bien cadrée au milieu de la photo, pour qu'elle se tienne bien droite.
Comme ces supports de poupées anciennes, que l'on expose avec délicatesse et que l'on admire avec nostalgie...

jeudi 21 février 2008

Combien de marins?....


J'ai toujours considéré
Notre vie à vols de rêves,
Aussi, j'en fais à mon gré
Les heures plus ou moins brèves;
J'ai souvent, poussé par d'âpres désirs,
Déferlé ma voile au vent des plaisirs...
Certain d'en trouver sur toutes les grèves,
Je laisse toujours ma chaloupe à flot;
Je suis matelot,
Comme vous, amis, je suis matelot!
.
(Chansons de bord, René Ponsard)